Portrait | Amani Cherif, maîtresse de conférences à l’Université de Rennes
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Maîtresse de conférences à l’Université de Rennes, Amani Chérif revient sur un parcours marqué par une forte dimension internationale et un engagement dans des projets de recherche collaboratifs d’envergure, comme le PEPR Réseaux du Futur. Entre recherche expérimentale, enseignement et interactions avec le monde industriel, elle partage aujourd’hui les grandes étapes de son parcours ainsi que sa vision d’un domaine en pleine évolution.
Parcours et trajectoire
Quelles ont été les étapes clés de votre parcours ?
Mon parcours professionnel est marqué par une forte dimension internationale. La réalisation de ma thèse en cotutelle entre la France et la Tunisie m’a permis d’évoluer dans deux environnements scientifiques distincts. Mon engagement dans divers projets internationaux et collaboratifs comme le PEPR, le projet RIS3, les travaux menés avec l’ISL ont contribué à forger un parcours diversifié et complet.
La recherche académique a toujours été une aspiration pour vous ?
J’ai toujours été attirée par la compréhension approfondie des systèmes de communication et de leurs fondements théoriques. Le master de recherche m’a paru être la meilleure option pour approfondir ces thématiques et envisager une poursuite en doctorat.

La recherche financée par le PEPR
Pouvez-vous présenter le projet de recherche sur lequel vous avez travaillé dans le cadre du PEPR Réseaux du Futur ?
Dans le cadre du PEPR, j’ai fait partie du projet YACARI et collaboré régulièrement avec le projet SYSTERA. J’ai pu travailler sur différents sujets : la conception, la fabrication et la caractérisation d’antennes reconfigurables et transparentes en bande millimétrique. J’ai également contribué au développement de surfaces intelligentes reconfigurables (RIS) flexibles et transparentes, destinées à des applications en fréquences submillimétriques. Ces travaux s’inscrivent dans le contexte des communications 5G/6G et des technologies hyperfréquences avancées.
Le PEPR offre un cadre particulièrement structurant, en permettant de travailler en sous-projets autour d’un objectif commun. Le partage de savoir-faire et l’entraide en sont des éléments essentiels.
Avez-vous bénéficié d’un environnement particulier dans le cadre du PEPR (réseau, collaborations, interdisciplinarité) ?
Le PEPR m’a offert la possibilité d’évoluer dans un environnement collaboratif très riche. J’ai eu accès à des plateformes expérimentales de haut niveau, notamment la plateforme MATRIC de l’IETR pour la fabrication, ainsi qu’aux équipements de caractérisation de l’IEMN pour les mesures RF.
Par ailleurs, les réunions du PEPR constituent des moments privilégiés d’échange : elles offrent l’opportunité de rencontrer tous les membres du PEPR et de discuter de nos travaux respectifs. Il n’est pas rare qu’une présentation ou une conversation avec un.e collègue apporte un regard nouveau sur une problématique, voire permette de dépasser un blocage, tout en faisant émerger de nouvelles pistes de collaboration.
Les réunions PEPR constituent des moments privilégiés […] un.e collègue apporte un regard nouveau sur une problématique, voire permet de dépasser un blocage !
Le PEPR a-t-il facilité votre insertion dans une communauté scientifique ?
Oui, clairement. Les échanges lors des réunions et les évènements organisés dans le cadre du PEPR, comme les journées annuelles 2025 ou les rencontres scientifiques telles que les Trans Numériques 2026, ont été déterminants. Ces interactions m’ont permis de créer des liens avec des chercheurs et chercheuses du domaine et de m’intégrer progressivement dans la communauté scientifique.
Le PEPR a-t-il joué un rôle dans votre recrutement en tant que maîtresse de conférences ?
Le PEPR a contribué à mon évolution professionnelle en me permettant de développer des compétences techniques avancées et de m’investir dans un projet ambitieux. Cette expérience a renforcé mon profil pour le métier de maîtresse de conférences !
Maîtresse de conférences et perspectives
Pouvez-vous nous décrire vos missions principales en tant que Maîtresse de conférences (recherche, enseignement, encadrement) ?
Côté enseignement, j’interviens en travaux dirigés et travaux pratiques auprès d’étudiant·e·s en licence et en école d’ingénieur, dans les domaines de l’électronique et des télécommunications. Côté recherche, je développe des dispositifs RF innovants et j’accompagne des doctorant·e·s dans la réalisation de prototypes expérimentaux, en mobilisant mon expertise en fabrication et en caractérisation.
En quoi votre expérience au sein du PEPR influence-t-elle votre activité actuelle et comment voyez-vous évoluer votre domaine dans les prochaines années ?
Les travaux menés dans le cadre du PEPR ont ouvert de nouvelles perspectives dans mes travaux de recherche actuels, notamment autour du développement de technologies innovantes pour les circuits RF, comme l’intégration de structures 3D dans les lignes CPW. Plus largement, le domaine des hyperfréquences et des communications sans fil connaît une évolution rapide, portée par des enjeux liés à la montée en fréquence et à l’intégration de nouveaux matériaux et technologies. Dans ce contexte, les systèmes reconfigurables et les dispositifs intelligents devraient jouer un rôle central dans les futures générations de communications.
Comment situez-vous vos travaux de recherche par rapport au secteur industriel et à leurs applications économiques ?
Mes travaux présentent des applications directes dans les domaines tels que les télécommunications, les systèmes embarqués et les technologies RF avancées, avec un réel potentiel de transfert vers le secteur industriel. Ils s’inscrivent ainsi à l’interface entre recherche académique et applications industrielles, en particulier dans le développement de dispositifs RF pour les communications avancées. Cette proximité avec les enjeux industriels est essentielle, car elle permet d’ancrer les recherches dans des problématiques concrètes et de favoriser leur valorisation.
Il existe aujourd’hui un lien très fort entre la recherche et l’industrie, qui se nourrit d’échanges constants et de collaborations
Diversité des parcours
Pensez-vous qu’il existe un parcours type pour devenir Maîtresse de conférences ?
Il n’existe pas de parcours unique pour devenir maîtresse de conférences. Chaque parcours est différent, façonné par les opportunités, les collaborations et les choix personnels. Personnellement, mon parcours peut se distinguer par la dimension internationale, avec la réalisation d’une thèse en cotutelle. Il est aussi marqué par une forte orientation expérimentale, articulée autour de la conception, de la fabrication et de la caractérisation de dispositifs.
Quels conseils donneriez-vous à un.e jeune chercheur.e.s qui envisage un post-doctorat ?
Je conseillerais de multiplier les expériences, de s’impliquer dans des projets collaboratifs et de cultiver sa curiosité. C’est souvent elle qui permet de saisir de nouvelles opportunités. Le postdoctorat est essentiel pour affirmer son profil scientifique et préciser des orientations de recherches.
Qu’est-ce qui vous enthousiasme le plus dans votre parcours aujourd’hui ?
Ce qui m’enthousiasme aujourd’hui, c’est la possibilité de conjuguer enseignement et recherche, tout en développant des projets innovants et en accompagnant les étudiant.e.s. La transmission des savoirs et des savoir-faire occupe une place centrale dans mon métier – c’est d’ailleurs ce qui en fait toute la richesse.
On partage le savoir-faire, c’est le rêve ! C’est mon rêve !

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